Le blog de Jac Forton sur l'Amérique latine
La FIDH SE REND AU CHILI 
lundi 31 octobre 2011, 10:00 AM
LA FIDH remet copie de leur condamnation aux militaires chiliens du procès de Paris

Des représentants de la FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme) ont voyagé à Santiago du Chili pour remettre en main propre, dans leur prison Cordillera, notification de leur condamnation lors du procès en France en décembre 2010 aux militaires chiliens accusés de « enlèvement, tortures et disparition » de quatre Français pendant la dictature du général Pinochet. Il s’agit du général Manuel Contreras et du brigadier général Pedro Espinoza Bravo condamnés à perpétuité, et des brigadiers généraux Marcelo Morén Brito et Miguel Krassnoff, condamnés à 30 ans. Tous sont déjà en prison au Chili pour d’autres crimes commis durant la dictature.
Une représentante de la FIDH a voyagé à Temuco pour remettre le même document au seul civil condamné à Paris et seul accusé à être en liberté, Emilio Sandoval Poo.

La FIDH informe que les condamnés ont refusé de rencontrer la délégation, comme ils avaient refusé de faire une déclaration pour le procès de Paris et de s’y faire représenter. Cependant, les documents ont été reçus par le directeur de la prison, le major de gendarmerie Luis Hermosilla (au Chili, les gendarmes sont les gardiens de prison). Les autorités chiliennes, informées de l’existence d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour de Cassation de Paris, doivent maintenant décider si elles vont extrader les condamnés ou faire accomplir leur peine dans une prison chilienne.

Les avocats de la FIDH, Claude Katz, Karine Bonneau et Jimena Reyes, étaient accompagnés par Erika Hennings, épouse de Alfonso Chanfreau, et de Isabelle Ropert, soeur de Enrique Ropert, qui avait déposé la première plainte en France contre Pinochet pour la mort de son frère. Le fait que ces deux parents de disparus aient remis de leurs propres mains la notification à deux des condamnés a revêtu cet acte d’un symbolisme particulier et d’une grande émotion.
Pendant que la FIDH remettait les documents au major Hermosilla, une trentaine de membres de l’Association des familles des détenus-disparus (AFDD) et de l’Association des familles des exécutés politiques (AFEP) manifestaient pacifiquement devant les portes de la prison qui se trouve avenue José Arrieta.
Jimena Reyes, responsable du bureau Amériques de la FIDH, a souligné l’importance de la condamnation pour les victimes et de la proportionnalité des peines car «on ne parle pas ici de simples délits mais de crimes contre l’humanité qui sont imprescriptibles». Mme Reyes regrette aussi l’application par la Cour Suprême chilienne de la loi de demi-prescription qui résulte en des peines très basses et même des remises en liberté pour des crimes atroces. C’est une forme d’impunité et la FIDH a déposé une plainte devant la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH).
Reconnaissant des avances importantes, l’avocate dit que « Justice ne sera vraiment rendue que lorsque tous les responsables de crimes durant la dictature seront jugés et condamnés ».

Pour en savoir plus :
- FIDH : http://www.fidh.org/

- La FIDH a publié un rapport (en Espagnol) sur cette situation sur http://observatorio.cl.pampa.avnam.net/ ... icha/4517.

- Contacter Paulina Acevedo Menanteau, Coordinatrice Comunication de l’Observatoire Citoyen (Observatorio Ciudadano) : (56-02) 699-3921 / (56-45) 213-963. Portables : (09) 9.7363534 et (09) 8.9006510
skype / twitter: paulinaacevedom
www.observatorio.cl
www.mediosdelospueblos.cl

Texte écrit par Jac Forton sur base des communiqués envoyés par la FIDH…
A suivre…




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