Le blog de Jac Forton sur l'Amérique latine
POUR LE MAJOR HERRERA, les éxécutions sous Pinochet furent de misérables assassinats 
mardi 12 juin 2012, 04:31 PM
LES EXECUTIONS NE FURENT QUE DE MISERABLES ASSASSINATS

Le major Carlos Herrera Jiménez , ancien agent de la CNI, la police secrète de Pinochet, est en prison à perpétuité pour avoir assassiné des opposants durant la dictature. Il a donné plusieurs interviews.

L’hebdomaire Cambio 21 du 30 mai dernier, raconte que, suite à l’hommage organisé en faveur de Miguel Krassnoff , un tortionnaire en prison pour 140 ans pour tortures et crimes contre l’humanité, Herrera lui a lancé : « nous, les militaires en prison semblons avoir oublié que nous le sommes pour avoir assassiné des personnes ! »
Dans une interview à l’agence espagnole EFE le 29 mai 2012 reprise par Radio Cooperativa au Chili, Herrera reconnaît que « ces meurtres ne furent que de misérables assassinats ordonnés par des chefs militaires maladroits qui, vu leur limitation intellectuelle pour neutraliser des opposants qui avaient de meilleures idées, ont ordonné leur élimination… » Il a aussi expliqué comment on lui a appris à torturer et à faire disparaître les corps.
Les ordres d’exécution furent donnés « à de jeunes officiers qui voulaient simplement accomplir leur tâche le mieux posible. J’ai confondu la frontière entre le bien et le mal, le moral et l’immoral, et je suis passé au côté opposé à l’éthique ».

En 1981, Herrera avait exécuté le chauffeur de taxi Mario Fernandez. En 1982, il avait assassiné le syndicaliste Tucapel Jiménez et l’année suivante, le charpentier Juan Alegría Mundaca en essayant de faire croire que ce dernier s’était suicidé parce qu’il avait tué le syndicaliste. Alegría avait été découvert chez lui les deux poignets tranchés. Or un poignet tranché ne peut trancher l’autre. Il y avait bien eu crime. Herrera a avoué.
Il est le seul militaire qui a reconnu ses crimes et a demandé pardon à la famille de Tucapel Jiménez. « J’ai compris », dit-il, « que les personnes mortes n’étaient aucunement des traîtres à la patrie comme on a voulu nous faire croire, mais qu’ils avaient des idées différentes. Je ne suis pas entré à l’académie militaire pour assassiner mes compatriotes, mais pour servir mon pays. Je vois avec honte comment nos chefs militaires de l’époque nient maintenant les ordres qu’ils ont donnés à leurs subalternes qui sont en prison…» Dans une interview à The Clinic Online le 7 décembre 2011, Herrera avait admis que « il n’y a aucun doute : nous avons été le bras armé de la droite économique ».
Inutile d’ajouter que Herrera est considéré comme un traître par ses collègues militaires…



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